YHWH

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YHWH est le nom de Dieu dans la Bible h√©bra√Įque. Le mot se compose de quatre consonnes, yŇ抳Ź (◊ô), hńď (◊Ē), wńĀw (◊ē) et hńď (◊Ē). Sa valeur gu√©matrique est 26.
Le T√©tragramme YHWH est une forme du verbe HWH, havah (¬ę √™tre ¬Ľ, ¬ę devenir ¬Ľ), qui combine la premi√®re (Je suis) et la troisi√®me (Il est) personne du singulier, le pass√© (J''√©tais), le pr√©sent (Je suis) l''accompli (tous les temps du pass√©, donc r√©alis√©), l''inaccompli (tous les temps potentiels du futur au subjonctif et conditionnel).

Exode 3:13-14 (√©pisode du Buisson ardent) : Mo√Įse dit √† Dieu : " Voici, je vais trouver les Isra√©lites et je leur dis : "Le Dieu de vos p√®res m''a envoy√© vers vous. " Mais s''ils me disent : "Quel est son nom ?", que leur dirai-je ? Dieu dit √† Mo√Įse : " Je serai ce que je serai " (AHYH ASR AHYH Ehy√©h Acher Ehy√©h) Et il dit : " Voici ce que tu diras aux Isra√©lites : "Je suis" (AHYH, Ehy√©h) m''a envoy√© vers vous. "" (traduction "Bible de J√©rusalem). L''expression est rendue par ¬ę Je suis celui qui suis ¬Ľ (traduction de la Bible Louis Segond 1910) ou encore ¬ę Je suis qui Je serai ¬Ľ, d''apr√®s la TOB. Ces traductions sont th√©ologiques, car le pr√©sent n''existe pas en h√©breu biblique. La traduction la plus proche devrait √™tre je serai qui je serai ou Que je sois qui je serai.

La th√©orie pr√©sent√©e par Henri Meschonnic, dans Gloires (traduction des Psaumes) affirme que ce nom se r√©f√®re √† une divinit√© ancienne du nom de Yah (YH, ◊ô◊Ē).

Selon une autre étymologie, le nom dériverait de Iahu, déesse sumérienne dont le nom signifie colombe d''en haut et qui s''identifie à Eurynomé, la déesse de toutes choses du mythe pélasge de la création.
En hébreu, on n''inscrit pas de voyelles dans les textes ; les lecteurs doivent ajouter de mémoire les voyelles appropriée au contexte de la lecture. Ce furent les massorètes qui créèrent au milieu du premier millénaire un système de points voyelles (voir l''article diacritiques de l''alphabet hébreu).

Surtout les Juifs s''imposent une interdiction de prononcer le T√©tragramme, bas√©e sur le troisi√®me commandement : ¬ę tu n''invoqueras pas le Nom de YHWH ton Dieu en vain ¬Ľ. D''autres expressions lui sont substitu√©s √† l''oral, comme Adonay (Mon Seigneur) ou ¬ī√ąlohim (Dieu),[1] ou encore haChem (le Nom), par exemple quand le lecteur rencontre le t√©tragramme dans les √Čcritures h√©bra√Įques. Cette substitution se nomme le Q√©r√© permanent et expliquerait les points-voyelles : a-o-a pour Adonay, e-o-i pour ¬īElohim.

Pour ces deux raisons, la prononciation exacte du tétragramme demeure incertaine. L''incertitude ne porte donc pas sur les consonnes, mais sur la place et le type des voyelles.

L''incertitude porte √©galement sur l''existence de cette prononciation. Joel M. Hoffman, par exemple, dans son ouvrage In the Beginning [2], soutient que le t√©tragramme n''a jamais eu de prononciation. D''autres h√©bra√Įsants, s''appuyant entre autres sur les noms th√©ophores comme Juda (Yehoud), et les propos rapport√©s dans les √©critures contenant le t√©tragramme, ne partagent pas ce point de vue. Ils renvoient au passage connu sous le nom usuel de le songe d''Isa√Įe, dont la prosodie et les assonances en "O" et "OU" r√©v√®lent une prononciation usuelle aux temps de la r√©daction de ce texte parmi les plus anciens du corpus biblique.
Ce nom est rendu dans certaines traductions par Yahweh ou Yahv√©, forme reconstitu√©e par des h√©bra√Įsants et consid√©r√©e comme la prononciation originale en milieu catholique. J√©hovah (ou les transcriptions apparent√©es comme Iehovah) est une forme occidentale usit√©e dans la religion chr√©tienne depuis l''√©poque m√©di√©vale jusqu''au d√©but du XXe si√®cle, popularis√©e par la Victor Hugo et la traduction Crampon. Elle serait obtenue par le t√©tragramme compl√©t√© des points-voyelles e-o-a. Ces points-voyelles l√† ont √©t√© √©tablis par les Massor√®tes dans le but d''enregistrer les diverses prononciations r√©gionales, comme l''indique, le codex de L√©ningrad qui contient pas moins de 6 "prononciations" diff√©rentes, dont le syst√®me de vocalisation est grandement l‚ÄôŇďuvre de la c√©l√®bre famille Ben Ascher. Il n''y a donc pas √† chercher de ¬ę prononciation r√©elle ¬Ľ du Nom divin dans ce syst√®me.

Selon Gérard Gertoux, sympathisant des Témoins de Jéhovah [2], il est possible de retrouver la prononciation du tétragramme [3] :

¬†¬† ¬ę Ce nom YHWH se lit sans difficult√© puisqu''il se prononce comme il s''√©crit, ou selon ses lettres pour reprendre l''expression du Talmud. En effet, jusqu''en 70 de notre √®re, les grands pr√™tres lisaient le jour du Yom Kippour la b√©n√©diction de Nombres 6:24-27 en pronon√ßant YHWH selon ses lettres, c''est-√†-dire comme il s''√©crit. [‚Ķ] Les noms h√©breux √©taient vocalis√©s gr√Ęce aux trois lettres Y, W, H, comme les √©crits de Qumr√Ęn l''ont largement confirm√©. La lettre Y √©tait lue I (ou √Č), la lettre W : √õ (ou o), et la lettre H : A √† la fin des mots. [‚Ķ] Le nom YHWH se lisait donc IH√õA (Ihoua). Pour mieux entendre la lettre H (quasi inaudible) on pouvait lui adjoindre un e muet. [‚Ķ] Cette l√©g√®re am√©lioration donne pour le nom YHWH la prononciation I-eH-√õ-A (Iehoua), l''√©quivalent de la prononciation massor√©tique YeHoWaH¬† ¬Ľ

Néanmoins le choix de la prononciation de Gertoux est discuté du fait que les colloques "Témoins de Jéhovah" ne rassemblent que des "Témoins de Jéhovah" et ne correspondent pas à ce qu''on nomme "l''évaluation par les pairs" dans le monde scientifique. C''est donc une prononciation docrinale qui n''est reconnue que par ceux qui partagent la doctrine.

Certains en partant du même principe des quatre voyelles tombent sur les prononciations Yao ou Yaoue. [3]

Notes et références

¬†1. ‚ÜĎ d''ailleurs ¬ī√ąlohim est le pluriel de ¬ī√ąl(Dieu) chose assez √©trange)
¬† 2. ‚ÜĎ Auteur de Un Historique du Nom Divin. Il se pr√©sente sur le site de son livre [1] comme ¬ę un h√©bra√Įsant t√©tragrammiste ; pr√©sident depuis 1991 de l''Association biblique de recherche d''anciens manuscrits. Sa formation d''ing√©nieur et de professeur lui a permis de compiler une masse d''informations provenant d''une grande diversit√© de sp√©cialit√©s. ¬Ľ Du fait que son livre cite des √©crits de la soci√©t√© Watchtower, qu''il intervient sur un forum italien de T√©moins de J√©hovah, et qu''il a particip√© √† une conf√©rence d''une association scientifique italienne de T√©moins de J√©hovah, ses th√®ses sont controvers√©es. Bien qu''il n''√©voque pas lui-m√™me ses convictions personnelles, sa th√©orie correspond tout √† fait √† la doctrine des T√©moins de J√©hovah.
¬† 3. ‚ÜĎ Comme ci-dessus
          * une raison technique : le iod (ici translittéré Y) revêt de bien plus nombreuses lectures attestées dans la Bible qui dépendent exclusivement des points-voyelles qui l''accompagnent ;
¬†¬†¬†¬†¬†¬†¬† * une raison historique et linguistique : le nom ne fut pas toujours consid√©r√© comme impronon√ßable comme l''atteste le nom h√©breu de Isa√Įe. Dans le songe d''Isa√Įe, qui rev√™t la forme d''une po√©sie assonantique en O et en OU, la prononciation sugg√©r√©e est toute autre que celle donn√©e par G√©rard Gertoux.

Bibliographie

    * La Ligature d''Isaac, un commentaire des divers noms de Dieu. Si l''article est théologique, c''est-à-dire interprétatif, il donne des aperçus étymologiques et grammaticaux.
¬†¬†¬† * Un Historique du nom divin ◊ô◊Ē◊ē◊Ē - Un Nom Encens, G√©rard Gertoux, √©d. L‚ÄôHarmattan (Site d√©di√©).
    * Jean-Marc Rouvière, Brèves méditations sur la création du monde, L''Harmattan, Paris 2006