Ahidjo Ahmadou Babatoura

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Fils d''un chef foulbé de religion musulmane, Ahidjo est un autodidacte qui a intégré l''administration française comme télégraphiste puis opérateur radio.

Elu à l''assemblée territoriale du Cameroun en 1947, il devient conseiller de l''Assemblée de l''Uni­on Française de 1953 à 1958 et président de celle-ci en 1957. Vice-premier ministre chargé de l''intérieur après l''octroi de l''autonomie interne au Cameroun, puis ministre de l''intérieur (mai 1957), il remplace M''Bida à la tête du gouvernement en février 1958.

Grâce à son parti, l''Uni­on Camerounaise et l''aide active de l''armée française qui réduit les rébellions bamiléké et bassa (de l''Uni­on des Populations Camerounaises, UPC proche des communistes de Ruben Um Myobé), il est élu en mai 1960 président du Cameroun. Proclamant l''amnistie des maquisards de l''UPC, il réussit à ramener une confiance couronnée par la réunification avec une partie du Cameroun britannique (qui refuse l''intégration au Nigeria après référendum). Le pays devient un Etat fédéral en octobre 1961.

Ahidjo pense mener un développement économique qui favoriserait l''unification progressive du pays. Il fonde en 1966 un parti unique, l''Uni­on Nationale Camerounaise (UNC) et met fin en 1970 à la rébellion de l''UPC (exécution d''Ernest Ouandié). Un référendum approuve en mai 1972 une constitution qui fait du Cameroun un Etat unitaire. Si le président défend à l''extérieur les instances de l''OUA, il se retire cependant, en 1973, de l''Organisation Commune Africaine et Malgache (OCAM).

Ahidjo démissionne et cède sa place à son successeur constitutionel, Paul Biya, en avril 1982 pour raisons de santé. Il quitte l''UNC l''année suivante. Après une tentative avortée de coup d''Etat contre le gouvernement en 1983, il est accusé et condamné à mort l''année suivante par contumace.

Séjournant alors entre la France, L''Espagne et le Sénégal pendant ces événements, il ne rentrera jamais au Cameroun et s''installe au Sénégal. Il y meurt le 30 novembre 1989 et y demeure enterré malgré sa réhabilitation.